Circus Poker v2.0


08
NOV

Poker Omaha - 2

Les mains de départ au Omaha Hi

Catégorie : Articles de stratégie
Publié le : 08 novembre 2011 - 12:13

Comme nous l'avons vu dans le premier article consacré à la variante, le omaha est un jeu à tirages dans la mesure où l'écart entre les mains de départ respectives est généralement bien plus réduit qu'en holdem.

 

Beaucoup de joueurs débutants en concluent qu'il faut jouer beaucoup de mains et espérer un tableau qui connecte plus ou moins bien avec leurs quatre cartes privatives.

Toutefois, "jeu de tirage" ne veut pas dire "jeu de grattage" et si vous négligez de sélectionner drastiquement les mains avec lesquelles vous allez jouer le flop, vous risquez de graves déconvenues !

 

Avant de vous dévoiler les trente meilleures mains du omaha hi, essayons de définir quelles qualités une main de omaha peut avoir :

 

- Elle contient des cartes hautes

 

Cette qualité tombe sous le sens : en omaha hi, nous cherchons toujours à former une combinaison forte. Une quinte devra donc être aussi haute que possible, une couleur devra être max ou quasi max, un brelan devra être le brelan max, etc ... Pas de doute donc, avoir plus de deux cartes hautes est souvent un gage de qualité de nos mains de départ.

 

- Elle contient des cartes consécutives

 

Avoir quatre cartes consécutives (exemple : QJT9) ou quasi consécutives (JT87) donne à votre main un énorme potentiel d'amélioration. Le tableau vous offrira souvent des quintes ou des tirages quinte énormes. Inutile de vous dire que si le tableau ne présente pas de risque de couleur ou de full, c'est la quinte qui fera la loi.

 

Un petit mot sur la quinte. Elle est l'ordinaire du joueur de omaha et vous jouerez souvent pour en constituer une. Vos adversaires aussi !
Dès lors, soyez très suspicieux si vous détenez des mains consécutives dont le "trou" est en haut : ces mains vont certes vous offrir de jolies quintes MAIS vous risquez souvent d'affronter des adversaires qui tireront pour une quinte supérieure à la vôtre.

 

Un petit exemple : vous détenez J987 et le flop est un magnifique QT9. Vous avez donc déjà une quinte à la dame. Seulement voilà, si un de vos adversaires avait KQJx, il a aussi une quinte et elle est supérieure à la vôtre !

 

Pas de chance me direz-vous ... mais vous constaterez que ces mains consécutives avec le "trou" en haut vous amènent très souvent à affronter une quinte supérieure, préférez nettement des mains avec le "trou" en bas : avec une main telle que JT97, votre décision sera bien moins difficile la plupart du temps.

 

- Elle contient des cartes assorties (deux coeur et deux trèfles par exemple)

 

Jouer un tirage couleur max en plus de votre quinte vous permettra parfois de "freeroller" votre adversaire. "Freeroller" signifie avoir le même tirage qu'un adversaire (une quinte identique par exemple) au flop ou à la turn tout en gardant des "retirages" permettant d'améliorer votre main alors que votre adversaire n'en a pas et ne peut donc espérer au mieux qu'un partage du pot.

 

Si vous ne jouez que pour la couleur, tirer pour une couleur au 9 est souvent suicidaire, surtout contre plusieurs adversaires. Lorsque vous engagez beaucoup de jetons sur une couleur, veillez à ce qu'elle soit max ou quasi max. De même, une "doublette" sur le tableau (deux valets, deux six par exemple) doit immédiatement vous alerter car cela signifie que désormais, un full dans les mains adverses est possible.

 

- Elle contient deux paires

 

Le but, lorsque vous avez deux paires en cartes privatives est d'améliorer votre main. Vous viserez donc le brelan bien sûr mais il est judicieux d'avoir un plan B. Ainsi par exemple, deux paires trop éloignées vous priveront des tirages quinte. Préférez donc des paires connectées ou semi connectées (AAKK, QQTT, ...)
Evidemment, si vos deux paires sont assorties et hautes (as dame de pique et as dame de coeur par exemple), vous tirerez aussi les couleurs max et semi max).

 

Evitez comme la peste les doubles paires trop petites ! Souvent votre brelan (ou votre full) sera battu par un brelan supérieur. D'ailleurs, parmi les trente meilleures mains de omaha hi, QQ99 et JJTT sont tout en bas du tableau. C'est vous dire le peu de valeur de mains comme 7722 ou 9933.

 

Voici donc les 30 meilleures mains (les couleurs n'ont pas été incluses dans le tableau mais les mains en "double couleur" seront toujours meilleures que les mains identiques mais arc en ciel.

 

1 - A-A-K-K
2 - A-A-J-10
3 - A-A-Q-Q
4 - A-A-J-J
5 - A-A-10-10
6 - A-A-9-9
7 - A-A-x-x
8 - J-10-9-8
9 - K-K-Q-Q
10 - K-K-J-J

 

11 - K-Q-J-10
12 - K-K-10-10
13 - K-K-A-Q
14 - K-K-A-J
15 - K-K -A-10
16 - K-K-Q-J
17 - K-K-Q-10
18 - K-K-J-10
19 - Q-Q-J-J

 

20 - Q-Q-10-10
21 - Q-Q-A-K
22 - Q-Q-A-J
23 - Q-Q-A-10
24 - Q-Q-K-V
25 - Q-Q-K-10
26 - Q-Q-J-10
27 - Q-Q-J-9
28 - Q-Q-9-9
29 - J-J-10-10
30 - J-J-10-9

 

Un débutant en omaha hi aura tout avantage à ne jouer qu'avec ces mains. Nous préconisons aussi un jeu plutôt agressif, surtout en tournoi lorsque les blindes commencent à être élevées.

 

Essayez autant que possible de jouer avec l'avantage de la position et ne "chassez" pas des tirages qui ne seraient pas max ou quasi max.

 

Eviter de trop bluffer et surtout, considérez que la plupart du temps, si votre adversaire continue à miser alors que vous n'avez pas le jeu max, c'est probablement qu'il a un meilleur jeu que vous (sauf si vous avez des preuves évidentes qu'il s'agit d'un bluffeur patenté)!

 

Bon jeu !

 

(par Valérie Arias pour WEM)


12
OCT

Poker Omaha - 1

Les bases

Catégorie : Articles de stratégie
Publié le : 12 octobre 2011 - 21:23

Si le Texas Holdem reste, et de loin, la variante poker la plus jouée, nous assistons depuis quelques années à un engouement croissant pour une autre forme de poker : le omaha.

 

Qu'il soit pratiqué en limit, pot limit ou même no limit, qu'il s'agisse du omaha Hi ou du omaha hi/low (aussi appelé omaha 8 ou omaha split), l'offre de omaha en ligne est omniprésente tant en cash game qu'en sit'n go ou encore en tournois multitables. Du côté "poker en dur", le Casino de Namur a récemment ouvert ses tables à cette nouvelle forme de poker.

 

A priori, le omaha ressemble beaucoup à son cousin Holdem : il y a bien des cartes privatives, un flop, un tournant et une rivière et les règles de mises sont identiques. Cependant, ce ne sont pas deux mais quatre cartes privatives qui sont distribuées aux joueurs et cela change fondamentalement les ressorts du jeu.

 

il y a aussi une différence cachée, beaucoup plus subtile et sur laquelle TOUS les débutants butent tôt ou tard : les joueurs DOIVENT utiliser deux de leurs quatre cartes pour former leur combinaison "gagnante".

 

Un petit exemple vaut mieux qu'un long discours

 

- imaginez un tableau avec As Ah Ac Ad Kd
- le joueur A a reçu 2h 3d Kh Qd
- le joueur B a reçu 8h 8d 4h Js

 

Lequel des deux joueurs peut-il prétendre à un carré ?


Qui gagne le pot et avec quelle combinaison ?

 

A la première question, la réponse est "personne !". En effet, pour former sa combinaison, chacun des joueurs DOIT remplacer deux cartes du tableau par deux cartes de sa main. Chacun doit donc retirer au moins un des as et donc personne ne peut prétendre au carré.


A la deuxième question, la réponse est : le joueur B qui remplace un as et le roi du tableau par ses deux 8 et obtient ainsi un full des as par les 8, le joueur A n'obtiendra pas mieux qu'un brelan en remplaçant AK par KQ.

 

Comme vous le voyez, cette obligation d'utiliser deux de vos cartes peut vous donner l'illusion d'un jeu supérieur à celui auquel vous pouvez prétendre et cela est dû à nos habitudes de joueur de hold'em qui lui, aurait pu prétendre à un carré d'as quelles que soient ses cartes privatives. Croyez-moi, tous les joueurs de omaha ont cru un jour gagner un énorme pot avec un full ou une quinte imaginaires et cette erreur peut coûter très gros !

 

Votre main de départ n'est jamais un "monstre"

 

Le fait de recevoir quatre cartes privatives multiplie les possibilités de connecter le tableau. En effet, quatre cartes, groupées deux par deux (puisque vous DEVEZ en utilisez deux), cela donne six combinaisons à confronter au tableau. Vous avez donc en quelque sorte "six" mains avec lesquelles spéculer.


Ainsi, si vous recevez As Ah Ks Jd vous aurez les combinaisons suivantes


- As Ah
- As Ks
- As Jd
- Ah Ks
- Ah Jd
- Ks Jd


Six mains plutôt chouettes d'ailleurs !

 

Le problème, c'est que si vous recevez quatre cartes (et six combinaisons), les autres reçoivent le même traitement et si vous multipliez ces combinaisons par le nombre de joueurs à une table (disons de 10 joueurs), ce ne seront pas moins de 60 combinaisons qui seront formées (pour seulement 10 au holdem !).

 

Il ne faut dès lors pas être grand clerc pour comprendre que lorsque le tableau sera dévoilé, la valeur "nominale" de chacune des combinaisons de départ sera sérieusement diminuée par la QUANTITE de combinaisons adverses.
C'est cette énorme quantité de possibilités qui "lisse" les probabilités entre les meilleures mains et les mauvaises mains.

 

Sans vouloir vous assommer de chiffres, une main de holdem peut souvent, preflop, atteindre jusqu'à 80% de probabilité de gain en cas de tapis preflop. Au omaha nous sommes bien loin du compte avec quelques rares confrontations qui atteignent péniblement le 70 vs 30 %.

 

Partir à tapis preflop ne fait donc pas partie des "standard" de l'omaha même si cela peut s'avérer utile dans certaines circonstances. Le omaha est plutôt un jeu de "tirages" et les joueurs autour de la table vont plus souvent "investir" au flop dans l'espoir de voir leur main s'améliorer plutôt que de "défendre" une main faite lorsque de nombreux tirages sont susceptibles de rentrer à la turn ou à la river.

 


Le omaha est un jeu "à tirages"

 

Oubliez les quintes ventrales ou même les quintes par les deux bouts. Souvent, 8 ou 9 outs au omaha, c'est plutôt peu, on jouera plus souvent 13 outs, voire 16 ou même 22 outs dans certains cas !

 

Oubliez aussi les quintes lorsqu'il y a trois cartes de la même couleur sur la table : avec chacun quatre cartes, vos adversaires auront trop souvent touché leur flush. Dans le même ordre d'idées, une couleur trop basse sera très vulnérable aux couleurs supérieures.

 

Pire encore, une couleur max sur un flop comportant une "doublette" (deux cartes identiques) vous mettra en grave danger de faire face à un full.

 

Et pour finir de vous casser le moral, un full sera régulièrement battu par un full supérieur ...

 

Ne jouez pas toutes les mains !

 

Puisque le omaha est un jeu à tirages, il vaut mieux pour vous, jouer avec l'avantage de la position. En effet, outre l'information que vous pourrez obtenir des actions de vos adversaires, vous aurez aussi l'opportunité de "manipuler le pot" en misant, en relançant ou au contraire en collant ou checkant. Comme au holdem me direz-vous ... oui mais avec cette subtile différence que le omaha se joue souvent en "pot limit" et que le contrôle du pot dans cette variante est bien plus aisé avec l'avantage de la position.

 

Outre la position, bien choisir vos mains va sans aucun doute s'avérer crucial car, oui, même au omaha, il y a des premiums et des poubelles, avec toute une gradation entre les meilleures mains et les pires.

 

Cette sélection des mains de départ fera l'objet de notre prochain article.

 

(par Valérie Arias pour WEM)

 


26
SEP

Les émotions au poker

Quand votre cerveau se met en 'tilt'

Catégorie : Articles de stratégie
Publié le : 26 septembre 2011 - 07:56

Tout joueur de poker est, un jour ou l'autre, confronté à ce phénomène appelé familièrement le tilt. Mais ce terme couvre en réalité bien plus que le fait de sentir deux fils de votre cerveau se toucher et faire des étincelles.

 

 

Le "Tilt" est bien plus retors que ça et il n'est pas toujours facile d'identifier avec précision à quel point votre jeu est dégradé par cette manifestation négative de votre matière grise.

 

 

Les différentes formes de tilt.

 

Dans le concept de 'tilt', il faut englober TOUS les états d'esprit qui vont avoir un impact négatif sur votre jeu et, au final, vous faire perdre de l'argent en quantités.

 

- Le tilt fou

 

Le plus courant et le plus facile à détecter : aussi appelé FPS (fancy play syndrom), ce tilt vous fait tout simplement jouer en dépit du bon sens. Vous avez des raisonnements et vous pouvez expliquer vos moves mais ces raisonnements sont fantaisistes et ces moves sont suicidaires. Ce type de dérive apparaît généralement lorsque vous avez perdu quelques gros pots contre des joueurs très larges ou, plus rarement, lorsque vous êtes bien trop détendu après une session trop facile ou une grosse victoire en tournoi.

 

- Le tilt large

 

Plus modéré que le tilt fou, le tilt large est sans doute le plus courant. Vous jouez beaucoup trop de mains, laissant votre cerveau vous pousser vers vos instincts les plus primaires : vous voulez gagner chaque coup, chaque pot et vous vous ennuyez vite et ferme si vous n'êtes pas impliqué dans deux mains de suite.
Cette forme de tilt, terriblement coûteuse, est souvent lié à un mauvais état d'esprit au moment de vous mettre à table (ou devant votre ordinateur). Votre cerveau fait une crise de paresse et une grève de la raison pour vous présenter un schéma qui conviendrait à peine aux tables de roulettes.

 

- Le tilt agressif

 

Inutile de vous présenter cette forme de tilt. Souvent, il est la conséquence d'un bad beat que vous venez de subir. La colère vous fait alors faire des folies avec vos jetons et, si vous ne vous maîtrisez pas très vite, le tilt agressif peut vous coûter une fortune en seulement quelques dizaines de minutes !

 

- Le tilt passif

 

Ici, vous jouez trop mou. Vous ne valorisez pas vos bonnes mains. Vous payez trop "juste pour voir". Souvent, c'est parce que vous faites autre chose en même temps que votre session : coup de fil à madame, télévision, lecture de vos emails ...

 

- Le tilt stéréotypé

 

Plus subtil, cette forme de tilt guette les joueurs qui multitablent en cash game : tous les moves que vous effectuez sont horriblement prévisibles, vous êtes un livre ouvert pour vos adversaires. Ici encore, la paresse ou la fatigue de votre cerveau (ou le fait de jouer trop de tables à la fois) vous empêche de jouer votre meilleur poker.

 

- Le tilt serré

 

Beaucoup moins détectable mais tout aussi dommageable est le tilt "serré". Vous voyez des fantômes partout et foldez un peu trop systématiquement quand vous rencontrez de la résistance. Cette forme de tilt apparaît souvent lorsque vous avez perdu une longue série de mains que vous auriez dû gagner (un bad run !). Le tilt "timide" apparaît aussi lorsque votre bankroll ne vous permet plus de jouer tout en gardant de la "distance" par rapport aux sommes engagées.

 

Comment éviter le Tilt ?

 

Mauvaise nouvelle, éviter le tilt est pour ainsi dire impossible. Cela reviendrait à TOUJOURS jouer son meilleur poker, au mieux de sa forme, sans que votre cerveau, vos instincts et vos émotions ne viennent y mettre leur grain de sel.

 

Toutefois, une bonne prévention peut limiter ces moments de dérive :

 

- Ne jouez pas au-dessus de vos moyens ! Si vous avez une bankroll, respectez des règles strictes pour la préserver. Si vous jouez sans bankroll, choisissez la somme que vous mettez en jeu de manière à ce qu'elle puisse être éventuellement perdue sans que ça vous "fasse mal". Vous n'imaginez pas le confort obtenu lorsque vous êtes désensibilisé à la "perte d'argent" car, si les choses tournent mal, votre cerveau considèrera la perte comme très marginale et ne se révoltera pas.

 

- Choisissez avec soin les moments où vous jouez. C'est un conseil simple mais essentiel, surtout pour les joueurs online. Soyez tout à votre jeu, soyez éveillé, non alcoolisé, concentré et calme ! Si vous sentez que vous n'êtes pas à ça, n'insistez pas, il y aura d'autres sessions et d'autres tournois plus tard ...

 

- Ne faites pas de comptes à court terme ! C'est extrêmement important, particulièrement pour le cash game et les sit'n go. Le poker gagnant se base sur les probabilités et le long terme est votre seule règle. Vouloir "forcer" pour se refaire lors d'une session perdante ou une mauvaise semaine est la meilleure manière de vous confronter au tilt !

 

- Rappelez-vous que le poker est un jeu "à petite marge". Etre gagnant dans votre limite de jeu est déjà une victoire. Ne rêvez pas trop aux millions de dollars des tournois rassemblant des milliers de joueur. N'écoutez pas ceux qui vous affirment qu'ils gagnent 30 grosses blindes de l'heure en cash game ou qui annoncent un ROI (Retour sur investissement) de 200% en sit'n go. Jouez simplement chaque main avec sérieux et application, sans trop vous soucier du coup que vous venez de perdre ou de la récompense qui est encore bien loin. Votre "edge" (avantage technique sur les autres joueurs) sera toujours très relatif et si vous commencez à gaspiller cet avantage en jouant mal, vous devrez travailler dur pour "réparer" les dégâts terribles que le Tilt peut faire à votre courbe de gains.

 

Et si le tilt est là !

 

- Arrêtez de jouer ! Ça peut paraître stupide mais il vaut mieux quitter la table en plein tournoi et aller prendre l'air que de laisser le tilt dégrader votre jeu au point de vous pousser vers la sortie. Calmez-vous, buvez un coup, faites un footing autour du casino, hurlez un bon coup puis revenez aussi détendu que possible afin de reprendre la partie avec le maximum de vos moyens.

 

- Jouez plus serré. Sauf bien sûr si vous êtes victime d'un tilt "serré", il peut être judicieux de resserrer votre jeu lorsque vous vous sentez en tilt. Vos décisions seront plus faciles à prendre, vous pourrez reprendre confiance et rélargir votre jeu un peu plus tard, quand vous vous sentirez mieux.

 

- Rappelez-vous que vous êtes un bon joueur (si si vous êtes un bon joueur puisque vous avez lu cet article jusqu'ici) et chassez le doute. Ne faites cependant pas de faute d'égo, vous n'avez rien à prouver à qui que ce soit si ce n'est vous-même et n'envisagez jamais un coup autrement que comme un investissement dont vous devez tirer le maximum ... si tout se passe bien. Au moins, si vous le perdez, vous aurez la satisfaction d'avoir joué exactement comme il le fallait.

 

J'espère que cet article vous aura convaincu que le poker est un jeu bien plus riche et complexe qu'un simple jeu d'argent ou de probabilités. Votre capacité à déceler une forme de tilt, chez vous ou chez vos adversaires, vous donnera un avantage inestimable aux tables de poker.

 

Et si la psychologie du poker vous intéresse vraiment, je ne saurais que trop vous conseiller la lecture de "Poker Mindset", disponible dans toutes les bonnes librairies et sur internet.

 

(par Valérie Arias pour WEM)
 


18
SEP

Quelques expressions poker...

...parmi les plus répandues

Catégorie : Médias
Publié le : 18 septembre 2011 - 15:56

Comme toutes les spécialités, le poker a son jargon. Il y a bien sûr les termes - souvent anglais - utilisés par les joueurs pour parler de leurs jetons, leurs tirages, leur porte-monnaie, leurs mains de départ ou un tas d'autres choses et qui pourraient remplir un véritable "dictionnaire du poker" mais il y a aussi ces expressions, universelles ou locales, que l'on entend à chaque tournoi.

Je vous propose donc un petit lexique non exhaustif des expressions le plus souvent entendues à Namur ou ailleurs :

 

Nice Hand - (Jolie main)

 

Vous vous en doutez, il ne s'agit pas ici de complimenter la partie du corps qui prolonge le poignet d'une joueuse ou d'un joueur. Il ne s'agit pas non plus, généralement, de considérer que vos cartes privatives étaient esthétiques. Rien de tout cela : "nice hand" est en quelque sorte un compliment d'un de vos adversaire à la fin d'un coup que vous avez gagné.
Il n'existe cependant pas de "détecteur de sincérité" dans les casinos et, dès lors, on peut supposer que parfois, le compliment est ironique ou que votre adversaire estime que vous avez en fait très mal joué et souhaite que vous persévériez dans vos erreurs !

 

Ship it - expression que l'on pourrait traduire librement par "à moi les jetons !"

 

On entend souvent cette expression vociférée joyeusement par un joueur qui vient de gagner un gros pot. Comme le poker est un jeu à sommes nulles, il y a forcément quelque part à la table, un joueur moins joyeux qui fulmine silencieusement de voir tous ces jetons poussés vers un autre que lui. Une excellent expression pour faire tilter les grincheux !
Toutefois, une autre expression venue de France supplante largement le "ship it" : il s'agit du désormais célèbre "Tout pour Papa !" beaucoup plus "énervogène" auprès des suisses et des belges qui subissent l'expression à table ...

 

show one - show all (montrer à un, montrer à tous !)

 

Cette expression va inévitablement fuser si vous vous aventurez, après un coup, à montrer votre main à un voisin que vous estimez assez sympathique pour que lui seul sache ce que vous avez foldé. Les autres joueurs sont en effet en droit de voir votre main "muckée" si vous l'avez montrée à l'un d'entre eux.
Curieusement, même dans les parties de village où chaque compétiteur habite à moins d'un pâté de maison du lieu de tournoi, les joueurs s'escriment à baragouiner cette expression exclusivement en anglais !

 

Donk - Fish - ou plus localement "baraki de ducasse"

 

Expression inamicale destinée à signifier à un adversaire qu'il joue mal au poker ! Idéal pour se faire des amis autour de la table ou pour engendrer des conversations gestuelles rapprochées à l'extérieur de l'établissement !
Plus sérieusement, même si les joueurs de poker sont généralement des gens très civilisés, vous les entendrez souvent insulter un adversaire en utilisant ces mots. Parfois, c'est bon enfant, parfois c'est juste qu'ils ont un peu perdu leur sang-froid. Et même si ça ne met pas toujours une ambiance de franche camaraderie à la table, nous dirons que ça fait partie du folklore et que tout ça peut très bien se diluer autour d'un verre au bar, à la pause

 

One Time ! (Pour une fois !)

 

Là on entre dans les termes religieux ! Il s'agit en fait d'une prière au croupier afin qu'il sorte, au tournant ou à la rivière, l'une des rares cartes qui vous feraient emporter le pot. "One time" signifie ici "allez, je ne gagne jamais, sors moi ma carte pour une fois !".
Remarquez comme de nombreux joueurs utilisent cette prière plusieurs fois sur le même tournoi alors même qu'ils ont déjà été exaucés une demi-douzaine de fois dans la journée ... Cela tendrait à démontrer que la mémoire du joueur de poker est pour le moins sélective

 

C'était suited ! (mes cartes étaient assorties)

 

Expression très souvent entendue lorsqu'un adversaire à payé une énorme mise preflop avec une main plus que marginale pour finalement gagner le coup :
-"Comment ose-tu payer un 4bet avec 7-2 ???
- Ah oui c'était bien 7-2 mais c'était suited mon ami !"

Cette excuse fuse assez souvent car nombre de joueurs surestiment leurs chances de toucher une couleur avec deux cartes assorties (pour mémoire, l'espoir de toucher une couleur au flop est de moins de 1% !).
Toutefois, il arrive que des joueurs très larges utilisent cette expression assortie d'un sourire goguenard, juste pour énerver davantage leur malheureux adversaire !

 

Tu montres si je fold ?

 

Vous l'aurez aisément compris, il s'agit ici d'une sorte de négociation entre un joueur qui hésite à payer la mise d'un adversaire. Parfois, il est réellement frustré de perdre l'occasion de voir la main adverse mais le plus souvent, il cherche simplement des indices lui permettant de savoir si l'adversaire a "envie" de le voir folder !
Généralement les bon joueurs ne répondent pas à cette question mais comme il peut sembler discourtois de ne pas répondre à une question, nombreux sont ceux qui se sentent obligés de répondre : "ok mais c'est bien parce que c'est toi !" ou bien encore "Il faut payer pour voir cher ami(e)".

 

J'avais la cote !

 

Les joueurs de poker ont parfois besoin de se justifier et cette excuse-ci est l'une des plus usitées. Elle signifie que le prix demandé pour suivre la mise du ou des adversaires était inférieur aux probabilités de gagner le coup.
Souvent, c'est relativement inexact et si vous le faites comprendre au joueur fautif il répondra inévitablement "oui mais je croyais que j'avais la cote !".

 

Aces never win ! (les as ne gagnent jamais)

 

Au poker il y a des gens pessimistes qui croient que la meilleure main de départ (les as !) ne gagne jamais quand EUX ont eu la (mal)chance de la recevoir.
Cette croyance est très répandue. Sans doute est-ce lié à la mémoire sélective dont nous parlions plus haut ou du moins au traumatisme subi lorsqu'on perd avec la meilleure main plusieurs fois de suite. Peut-être est-ce aussi une manière de conjurer le sort (lorsque le joueur pose l'affirmation AVANT que le croupier ne dévoile le tableau) ou de pouvoir dire en cas de défaite : "tu vois je te l'avais dit !" ce qui fera tout de même une petite consolation ... Evidemment, si on gagne logiquement le coup, on dira juste "ah tiens non, cette fois ça tient" tout en arborant un sourire de premier de classe.

 

(par Valérie Arias pour WEM)


05
AOÛ

Live et Prize money

Faut-il revoir la structure des gains ?

Catégorie : Médias
Publié le : 05 août 2011 - 21:02

Le débat fait rage sur des forums et dans les magazines. La répartition des gains lors des tournois de poker est-elle encore en adéquation avec le jeu tel qu'il est pratiqué aujourd'hui ?

 

Les partisans du changement avancent des arguments qui ne manquent pas de sens. Ainsi, Roger Hairebedian rappelle que 30% des joueurs sont payés dans les tournois sit'n go online. "Payer un joueur sur dix ne suffit plus" dit-il avant d'ajouter "Commençons par 20% d'ITM pour progressivement aller à 30% avec les derniers 10% remboursés".

 

D'autres, tels Philippe Ktorza militent aussi pour un changement : "Les structures de paiement ne récompensent pas les joueurs à leur juste valeur. Il est anormal qu'un pro qui termine 20e la plupart de ses tournois perde de l'argent sur le circuit" dit-il avant de proposer une structure fort différente de celle préconisée par Big Roger : il propose en effet de moins rémunérer les trois premiers pour offrir aux itm un minimum de deux fois leur buy in.

 

D'autres tels le célèbre blogger Xewod sont tout simplement hostiles à ces propositions : "Je ne vois pas l'intérêt de payer un maximum de monde, ça va casser la dynamique d'un tournoi et rendre les débuts de tournois bien moins intéressants si on paie 30% des entrants"

 

D'autres encore s'insurgent contre l'idée de raboter les gains des premières places, arguant que le poker est fait pour les vainqueurs et que le rêve de victoire passe forcément par des premiers prix alléchants.

 

Sans vouloir prendre parti, force est de reconnaître que les joueurs eux-mêmes n'hésitent pas à "retoucher" la structure des gains en multipliant les deals en fin de partie. Est-ce que pour autant le modèle actuel aurait vécu ?

 

Rien n'est moins sûr ...

 

Elargir la plage de gains et lisser davantage les prix pourrait favoriser la compétence et permettre aux bons joueurs de gagner davantage avec une quinzaine d'itm dans l'année qu'avec une seule victoire significative. Mais elle pourrait aussi enlever leur spécificité aux tournois prestigieux en leur donnant le goût et la couleur de sit'n go de masse où les stratégies EV toutes faites pourraient sérieusement appauvrir le spectacle aux tables.

 

Certains s'inquiètent aussi, à raison, de la tendance actuelle visant à favoriser le compétence. En empêchant les poissons de rêver, ne risque-ton pas de vider l'aquarium et en conséquence, de limiter les gains/revenus des bons joueurs ?

 

Evidemment, la solution de bon sens serait sans doute de proposer ces tournois "deep itm" EN PLUS des tournois traditionnels. Les joueurs pourraient alors sanctionner tel type de structure au bénéfice de tel autre en s'inscrivant aux tournois qui leur semblent les plus attractifs ?

 

Ce débat a au moins le mérite de rappeler que le poker est bien vivant et en mutation constante et qu'il demande régulièrement une adaptation de l'offre existante.

 

Et ça c'est plutôt rassurant !

 

sources : Magazine Live Poker - Club Poker

 

(par Valérie Arias pour WEM)



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