Circus Poker v2.0


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JUI

Aborder les WaSOP

ou tout autre tournoi deepstack (par Julien Becquart)

Catégorie : Articles de stratégie
Publié le : 26 juillet 2012 - 15:06

En cette veille de festival « WaSOP », durant lequel se déroulera pas moins de deux gros tournois à structures profondes, je vous propose un petit article sans prétention sur « comment aborder un tournoi deepstack ».

Je précise « sans prétention », car il n'y a à mon sens aucune « parole divine » au poker. Chaque joueur possède son propre bagage technique (et stratégique), sa propre expérience, et donc une manière à chaque fois personnelle d'aborder une partie.

 

Il y a néanmoins des vérités et des concepts, propres à la majeure partie des joueurs, qu'il est parfois intéressant de rappeler. Tolérance et recul sont deux éléments nécessaires la bonne lecture d'un article qui se veut « de stratégie ». En effet, un bon joueur de poker se construit grâce à une ouverture d'esprit, et une capacité à faire la part des choses.

Ne pas prendre les conseils pour des vérités, savoir faire preuve d'esprit critique, prendre ce qui vous intéresse, et éventuellement ajouter quelques-uns des concepts proposés à votre propre livre de cuisine.

 

Sur ce, assez de blablas « préservatifs », et place à l'article en lui-même.

 

Le terme « Deepstack »

 

Tout d'abord, un petit rappel (ou une explication) sur ce que signifie le terme « deepstack ». Si l'on traduit littéralement, on obtient « tapis profond ». Ok, la traduction c'est bien sympa, mais ça ne fait pas forcément avancer le schmilblick.
Essayons d'aller plus en profondeur dans le concept.

 

Si j'attaque le sujet de manière grossière, je dirais « Un tournoi deepstack, c'est un marathon de saut en longueur »… En ces temps olympiques, quoi de plus normal que de paraphraser, en employant des métaphores volées à l'athlétisme.

 

Marathon, car comparativement aux tournois traditionnels, les niveaux seront plus nombreux et plus longs. Le nombre d'heures de jeu effectif qui sépare le commencement d'un tournoi de sa fin se chiffre en dizaines d'heures. Dans notre cas des WaSOP, il faudra certainement compter entre 28 et 32 heures de jeu, avant de voir l'un des participants s'emparer du trophée du grand vainqueur. De même, il faudra certainement compter entre 14 et 17 heures de jeu avant de voir un premier joueur rejoindre les places payées. Par ailleurs, les tournois se dérouleront chacun sur quatre jours… Donc 28 à 32 heures de jeu effectif, mais plus de 80 heures, entre la première et la dernière distribution.

 

De saut en longueur, car avec des tapis de départ remplis de jetons, les joueurs disposeront de suffisamment d'élan, que pour sauter le plus loin possible. Si on compare le nombre de jetons, aux mètres d'élan, plus il y en a, plus il y a moyen d'aller loin dans un coup. Alors que dans un tournoi traditionnel, avec un jeu moins profond, les schémas de coups se résumeront bien souvent en milieu de partie, à relance suivie de tapis, dans un tournoi deepstack, on assistera plutôt à relance, sur-relance, sur-sur-relance, sur-sur-sur-relance, etc… avant de voir les joueurs aborder l'instant fatidique qui consistera à pousser leur tapis. La profondeur de stack augmente donc réellement le potentiel de jeu, permet d'utiliser un nombre plus élevé d'outils stratégique, et cela sans se « mettre dans le rouge ». Par ailleurs, la gestion financière des stacks est sans nul doute une qualité indispensable pour aller loin, et que je me propose d'aborder dans la foulée de cette présentation.

 

Gestion financière des stacks

 

Pourquoi financière ? Parce qu'on entre ici dans un concept lié à la bonne connaissance des moyens que l'on possède.

Votre investissement de départ, le buy-in, se traduit dès le début du tournoi en jetons.
Les jetons sont votre capital, et vous devenez des investisseurs boursiers, qui tenteront de faire les meilleurs placements, pour obtenir le plus grand rendement possible.

 

Une erreur bien souvent rencontrée aux tables, est de voir des joueurs paniqués parce qu'ils ont rapidement perdu une partie de leur capital.
Si après deux heures de jeu, vous avez perdu de 5000 à 10000 jetons, pas de panique. Vous n'avez en fait perdu que de 16,5 à 33% (dans le cas du 330), ou de 10 à 20% (dans le cas du 550). Il vous reste donc beaucoup de jetons en regard de la structure.

 

Perdre la notion de ses moyens est monnaie courante dans un deepstack. On ne se rend pas toujours compte qu'on est loin d'avoir perdu son potentiel de jeu.
Cette perte de repère par rapport à ses moyens est une forme de tilt qui s'accouple généralement à d'autres paramètres et peut conduire à votre perte.

 

Ces autres paramètres sont assez récurrents et ne manqueront pas de toucher une bonne partie des joueurs. On peut imaginer le fait d'être complètement card dead durant plusieurs heures (card dead = ne recevoir que des mains injouables), ou encore de voir un adversaire rentrer dans tous les coups et bénéficier d'une chance insolente, ou encore de recevoir de superbes mains confrontées à plusieurs adversaires et à des flops dangereux…

 

Pour ces paramètres, j'ouvre une parenthèse.

 

Plus vous recevez de mains, plus il y a des chances que votre sale période s'achève rapidement. La patience et l'endurance reste des éléments clés du tournoi deepstack.

 

Le jeu des autres ne doit pas vous toucher émotionnellement. Restez concentré sur votre propre jeu. La chance insolente n'est pas infinie. Votre tour viendra (ou pas… du moins durant ce tournoi, car la variance sur le poker en live se mesure en dizaines d'années).

 

Enfin, n'oubliez pas qu'une main, une seule, reste une infime partie de votre potentiel. Aussi, restez humble, ne misez pas tout sur une seule main (sauf si vous avez le meilleur jeu possible). Le futur vainqueur du tournoi en aura joué sans doute 900 avant de soulever le trophée.
Si vous recevez une grosse paire au début du tournoi, ne partez pas dans l'idée que c'est la main clé unique qui vous fera gagner le tournoi, et soyez capable de la laisser tomber si le flop est dangereux, ou si un adversaire semble aussi prêt à mettre son tournoi en jeu…

 

Doubler 50.000 jetons dans un tournoi de 500 joueurs au départ, augmentera certes vos chances, mais d'un point de vue mathématique, il vous restera 24,9 millions de jetons à gagner pour remporter le tournoi.

 

Pour bien garder ses repères dans un tournoi deepstack, il est important de toujours garder à l'esprit son propre potentiel de jeu.

 

Pour cela, plusieurs outils.

 

Il y a bien entendu le « vieux » concept de M de Magriel qui consiste à déterminer un indice repère par rapport au nombre de tours de distribution que votre tapis finance (avec 10.000 jetons, aux blinds 50-100, votre M est 10.000/150 = 66,66 – avec 25.000 jetons aux blinds 200-400 ante 50 et 9 joueurs à table, votre M est de 25.000/(200+400+9X50) = 23,8). Il est traditionnel de dire que dans un début de tournoi, quand votre M est supérieur à 20, tout va bien. Entre 10 et 20, il est temps de se bouger, et en dessous de 10, vous entrez en zone rouge.

 

Mais le concept le plus moderne consiste à mesurer votre tapis en Big Blinds.

 

Au début du tournoi (le 330 par exemple – blinds 25-50), votre tapis de 30.000 représente 600BB. C'est énorme. Si vous avez encore le stack de départ au début du 5ème level (150-300 ante 25), vous avez toujours 100BB… C'est toujours énorme.
En général, on considère que la zone devient « inconfortable » en dessous de 45BB, tout en restant jouable. En dessous de 30, il devient intéressant de prendre des risques. Vers les 20BB, il ne faut plus hésiter à pratiquer le contre-vol (en anglais re-steal). Genre un adversaire qui fait mine de voler beaucoup, en relançant toujours vers les 2,2 BB, se couchera souvent si vous lui envoyez 20BB (à moins de main réelle). Pour ce re-steal, pas besoin d'une main énorme… Des connecteurs assortis, ou toute main qui possède un potentiel d'amélioration seront suffisants.

 

Garder toujours en tête le potentiel de votre stack. Il est inutile de tirer le signal d'alarme sans repère, et sans nécessité.

 

Une autre erreur assez commune dans un deepstack, et assez bien en rapport avec la gestion financière, est de dépenser des jetons pour rien.

 

Le fait d'être riche rend beaucoup de joueurs dépensiers inutilement.
Par dépensiers, je veux dire aller trop loin dans des coups. Payer sans cote implicite. Payer même si l'on se sait battu… En gros, être un peu trop curieux.

 

N'oubliez pas que dans les tournois, un jeton gagné vaut moins qu'un jeton perdu.

 

Ceci n'interdit pas le fait de jouer beaucoup de coups au début… La structure est telle qu'on aurait tort de s'en priver.
Jouer beaucoup de coups, oui… mais des coups bon marché, des coups en position, des coups avec des mains « spéculatives » (genre des gappers assortis à 2 ou 3 trous).

 

Défendre une BB avec les pires poubelles (genre 8c 2d), ou même avec des mains dominées n'entre pas dans ces coups intéressants à jouer. Si quelqu'un relance à 3BB, qu'il est payé 2 fois, et que vous êtes en BB avec une poubelle, ou une main dominée, non seulement vous dépenserez plus souvent qu'à votre tour des jetons pour rien, hors position, mais en plus, avec une main du genre Kd 8c ,  si vous touchez un roi, il reste tout à fait possible que vous soyez dominé… Et jouer ce genre de coup hors position, reste très délicat.
Bien entendu, une fois de temps en temps, vous toucherez un flop miraculeux… Mais à ce stade, il reste très probable que vous ne rentabilisiez pas…

 

Une dernière chose à ce propos, n'oubliez pas non plus que le jeu agressif restera toujours supérieur au jeu passif. Mais nous en reparlerons.

 

Un tournoi ne se gagne pas durant le jour 1

 

Il se perd durant le jour 1…

 

Combien de fois n'ai-je pas vu quelques-uns de mes bons amis dire en fin de journée : « soit je double, soit je saute », ou « inutile que je revienne au jour 2 avec si peu de jetons »…

 

En pensant comme ça, ils oublient plusieurs choses :

 

-Le vainqueur se trouve dans le field du jour 2, pas dans les éliminés du jour 1.
-La première main jouée au jour 2 n'est que la suivante de la dernière du jour 1. Il n'y a pas une montagne d'écart… Juste une main (et un level).
-Revenir avec 15BB pour le jour 2 n'a rien de scandaleux. Vous doublez d'entrée et vous êtes presque revenu dans la course. Forcer le destin sous des prétextes temporels reste à mes yeux une grosse erreur.
-Exploser son tapis résulte plus d'un manque de confiance que de talent. Tant qu'il y a des jetons, il y a de l'espoir. Sans compter que le passage de journée vous donnera droit au redraw. Nouvelle place, nouveaux joueurs, nouveau croupier, nouvelle journée (avec une nuit de repos et une meilleure concentration).
-Enfin, ça peut paraître étrange, mais il est plus facile de doubler son tapis au niveau de blinds suivant, qu'à la fin du niveau précédent (avec le même potentiel de tapis, vous serez payé plus « light » quand les blinds seront plus hautes – en partant du principe que vous serez payés bien entendu, car si vous n'êtes pas payés, vous gagnerez aussi plus de jetons qu'au niveau précédent).

 

Ainsi de manière générale, gardez les prises de risque absolues pour plus tard. Au jour 2, il sera encore temps de vous envoyer en l'air…

 

Jeu agressif / Jeu passif

 

J'ai déjà abordé le sujet plus haut. Dans un deepstack, beaucoup de joueurs paient, paient et paient encore pour voir des flops à bon prix.

Plus que dans un tournoi traditionnel, cette option reste possible dans un tournoi deepstack (grâce au potentiel de profondeur abordé plus haut). Néanmoins, gardez à l'esprit que ce style de jeu nécessitera de grandes capacités de jeu post flop. Limper une main comme 5d 4h en fin de parole et trouver un flop Kc 5h 4s vous obligera à tenter de rentabiliser tout en restant bien prudent, car en jouant passivement, vous n'avez aucune idée du potentiel adverse, et vous ne représentez vous-même pas grand-chose.

 

Par rapport à ce style de jeu, un jeu agressif quel qu'il soit, sera toujours meilleur malgré tout.

 

Vous pouvez être agressif en jouant un jeu « Small Ball » (un jeu constitué de beaucoup de mains jouées via de petites relances, et petites mises post flop – agresser souvent en protégeant votre stack). Néanmoins, de nouveau, il vous faudra être très bon post flop. Car en général, les joueurs qui adoptent ce style sont plus souvent contesté (payé ou sur-relancés).

 

Enfin, il reste le style serré agressif. Il est moins amusant que le « Small Ball » car on joue moins de mains, mais au final est-on là pour s'amuser, ou pour gagner un tournoi ?
Si vous n'êtes pas à l'aise avec le jeu large agressif, ne jouez pas contre nature. Jouer uniquement des mains sélectionnées et de préférence en position.

 

L'agressivité possède un double avantage par rapport à la passivité. Tout d'abord, vous définirez plus facilement la valeur des mains adverses, ensuite, vous représentez plus facilement une main meilleure que celle que vous avez.

 

Connaissance du tournoi

 

Il s'agit d'une sous-connaissance à avoir par rapport à la gestion financière de son stack. Mais avoir une bonne connaissance de la structure de jeu générale, peut vous aider à préparer votre stratégie.

 

Les moments les plus importants d'un tournoi sont les moments de rupture temporelle.

 

Arf… Là vous devez me prendre pour Doc Brown dans Retour vers le futur…
Et au final, vous n'avez pas forcément tort…
En effet, connaître la structure, c'est aussi connaître l'avenir. Être capable de déterminer quels seront les moments clés d'un tournoi.

 

Dans une structure, « les moments de ruptures temporelle » sont en fait des points d'inflexion dans une évolution de blinds. En général, les meilleurs moments pour changer de vitesse.

 

Dans son livre « Toutes mains révélées », Gus Hansen déclare adorer ces moments privilégiés. Il les considère à chaque fois comme un nouveau départ. Et pour bien marquer sa domination, il essaie toujours de (re) prendre le contrôle à ces moments clés.

 

Oui, mais c'est quoi un point d'inflexion ?

 

C'est simple. Prenons le début de la structure du jour 1 du 330. Au niveau 1, les blinds sont à 25-50 (un tour coûte 75 sans jouer). Au niveau 2, les blinds sont à 50-100 (tour = 150 sans jouer), soit une augmentation de 100%. Au niveau 3, les blinds sont à 75-150 (tour = 225), soit une augmentation de 50%,… etc.

 

Si je résume l'évolution chiffrée est la suivante jusqu'au level 11 : 75, 150, 225, 550, 700, 1100, 1650, 2200, 3200, 4400, 6000.

 

Le premier véritable point d'inflexion se situe au début du level 4. Après avoir augmenté régulièrement de 75 au tour par niveau, l'augmentation à ce level est de 325. Un véritable point de rupture dans la structure (notez que ce niveau coïncide avec l'arrivée des antes). Voler deviendra donc beaucoup plus profitable à ce moment.

 

Le second point d'inflexion arrive au niveau 6. Après un niveau « d'accalmie » au niveau 5, augmentation de 150 au tour, au niveau 6, on passe à +400…

 

Le niveau 7 = +550 au tour. Il s'agit ici d'un demi-point d'inflexion qui se stabilise au niveau 8, qui est lui aussi à +550.

 

Le troisième véritable point d'inflexion, et le moment choisi par beaucoup pour « s'envoyer en l'air », est le niveau 9. A des blinds 600-1200 ante 200, l'augmentation par rapport au niveau précédent est de 1000 au tour…

 

Bon je suppose que vous avez compris…

 

En connaissant ces moments de ruptures, vous pourrez anticiper les comportements des autres, et ainsi adapter votre stratégie à ceux-ci.

 

Préparation

 

Comme déjà dit plus haut, un tournoi deepstack est un marathon.

 

Préparez-le comme tel, et n'arrivez pas le jour du tournoi sans avoir passé une bonne nuit. N'oubliez pas également de prendre des repas légers, et riches en protéines, et enfin, n'oubliez pas de vous hydrater (H2O préférable au houblon)…

 

Se sentir bien dans son corps est indispensable pour entamer une telle épreuve d'endurance. Et plus vous aurez pris soin de celui-ci, plus vous serez capable de rester concentrer longtemps.

 

Conclusion

 

Il y a encore beaucoup de chose à dire par rapport aux tournois de manière générale. Mais restons-en là pour le moment.

 

J'espère que ce petit article dédié vous aura intéressé, et rappelez-vous qu'il n'est absolument pas interdit de ne pas être d'accord… Le poker c'est aussi de nombreuses et différentes intelligences mises côte à côte, et tous les points de vue sont intéressants.

 


11
JUI

La vague belge 2012 (2)

Le point après 6 mois, toujours plus haut... (par Julien Becquart)

Catégorie : Médias
Publié le : 11 juillet 2012 - 15:25

6 mois de l'année 2012 sont désormais écoulés. Un bon moment pour aborder un nouveau bilan à mi-parcours.

 

Le précédent bilan, daté du 24 avril 2012, nous avait laissé une impression de vague ascendante et inédite de performances en tout genre, qui se succédaient les unes après les autres.

 

La valse des perfs étaient tellement régulière qu'on en venait à se demander quand elle s'arrêterait... Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, notre pays n'était pas vraiment habitué à voir se succéder les victoires sur le circuit international.

 

La dernière en date lors de mon précédant bilan, était celle de Davidi à l'EPT de Berlin et il n'a pas fallu attendre longtemps pour voir la neuvième victoire belge arriver, avec celle de Roland Van Morckhoven à Cannes fin avril. Quasiment au même moment, Matthias De Meulder réalisait lui aussi un nouvel ITM à plus de 25.000$ à Monte Carlo.

 

Puis vint le moment redouté... 40 jours complets de disette. Notre vague venait d'entrer dans une mauvaise phase lunaire. Pour la première fois depuis le début de l'année, un mois complet restait sans résultat significatif (+ de 25.000$). Mai 2012 allait-il sonner notre chant du cygne?

 

Que nenni... Ce recul, tel un cavalier sur un jeu d'échecs, n'était que pour mieux avancer dans le mois de juin.

 

Bien entendu, l'énorme performance financière de notre numéro 1 à Berlin n'a pas été battue, mais les victoires et résultats globaux sont tombés sereinement les uns après les autres.

 

Pas moins de 9 nouvelles places payées à plus de 25.000$, parmi lesquelles cinq premières marches de podium.

 

Yves Kupfermunz a mis le feu aux poudres en s'appropriant une première victoire dans un 235$ au Rio (pour 35.222$ de gains). Les poudres consumées ont vu une première explosion de baril avec la splendide victoire de Michael Gathy dans l'Event 21 des WSOP, qui remportait en même temps une des victoires les plus prestigieuses de l'année et de notre histoire (+440.829$).

 

La machine était relancée et histoire de bien entretenir la flamme du succès, le même Yves Kupfermunz en redonnait une salve en réalisant un doublé improbable dans le 235$ du Rio (+40.145$).

 

Après ce fût au tour de notre vétéran Pierre Neuville d'imposer sa loi dans un des plus jeunes et talentueux fields de Las Vegas, en remportant méritoirement dans un 2200$ bounty du Venetian (+79.080$).

 

3 nouvelles tables finales aux WSOP avec respectivement Michael Gathy, 5ème de l'Event 35 (+50.640$), Davidi Kitaï, également 5ème de l'Event 34 (+92.064$) et Philip Meulyzer, 4ème de l'Event 46 (+203.781$).

 

Kenny Hallaert y allait également de sa petite table finale au Venetian dans un 1600$ duquel il termina 3ème (+38.517$), alors qu'en Belgique, Mathieu Jamar s'adjugeait le PPD de Chaudfontaine (+54.086$).

 

30 performances à plus de 25.000$ ont été réalisées dont 14 victoires. Mieux qu'un long discours, voici un aperçu de ces performances, et de leurs auteurs en image (en couleur, on note les victoires).

 

 

 


05
JUI

Un Belge aux States

Qu'est-ce qu'Yk Lee celui-là ? (par Julien Becquart)

Catégorie : Portraits de joueurs
Publié le : 05 juillet 2012 - 21:00

Pris dans un probable jet-lag après son retour de Vegas, nous retrouvons un des tout grands joueurs belge de poker Online: Sébastien Wuillot alias Yk Lee. S'étant rendu pendant plusieurs semaines à La Mecque du poker, le jeune joueur plein de sympathie et de gentilesse aura accepté de répondre à nos questions sur le déroulement de son voyage.

 

Au vu des réponses de notre ami, il semble que le maître mot de ce séjour aura été "l'enthousiasme". Parti de manière un peu précipitée, la tête déjà au poker plutôt que dans la valise, le jeune homme nous avoue ne pas avoir arrêté de jouer ! Entre tournoi et cash-game, il aura pu savourer toute la panoplie des joueurs Américains, trouvant le niveau très relevé, surtout au Venetian.

 

Les journées furent longues: avec 4 à 5 heures de sommeil par nuit pour espacer les sessions très longues, il semble que les premiers cheveux gris aient fait leur apparition. Il faut dire que l'épreuve aura été physique: entre les sessions de tournoi très longues et celles de cash game où la patience est très différentes de l'Online, où le multitabling permet bien plus d'action de manière régulière, il aura fallu beaucoup de ressources à Sébastien pour ne pas se retrouver sur les rotules. Heureusement, son coach privé était là pour le tempérer.

 

La pression psychologique était bel et bien présente aussi. Concentration optimale face aux adversaires cherchant tout signe de faiblesse, prise de patience typique du live en se servant de toute la technologie moderne (musique, film etc) et des bases les plus élémentaires, c'est à dire travailler ses "chips tricks", tout cela épuise. Néanmoins, très apprécié de la communauté poker Belge, Yk Lee aura pu compter sur de nombreux encouragements pour rester solide.

 

Sympathique et altruiste, cet éternel grinder fera tout son possible pour remercier ses stackeurs, n'oubliant pas que grâce à eux le rêve "d'aller à Vegas" aura pu se concrétiser. Défiant donc le pur principe capitaliste dirigeant le monde et trop souvent le poker, ce gentleman dans l'âme offre donc, à son retour, une session Online à ses stackeurs. Ceux-ci profiteront en effet des éventuels gains réalisés pendant cette session...au prizepool garanti (sur de nombreux tournois additionnés) de plus de 2.000.000 de dollars.

 

Voilà donc résumée en quelques lignes l'aventure Vegassienne de notre ami: envie de jouer et d'apprendre encore plus, visant plus loin que le poker et se comportant comme un véritable Alien dans un monde de requin, ce très sympathique joueur aura passé un séjour plein à Vegas, entre argent et amitié. Point de hasard donc à ce que joueur soit apprécié de tous et un grand avenir à l'horizon pour un homme possédant tant de valeur et de talent.


24
AVR

La vague belge 2012

Un tsunami (par Julien Becquart)

Catégorie : Médias
Publié le : 24 avril 2012 - 12:12

Alors que l'année calendaire n'a pas encore atteint son premier tiers, notre pays de poker connait une explosion sans précédent sur le circuit international.

 

A chaque fois qu'un belge réalise une performance, on se dit le lendemain, que le bon run de notre pays va s'arrêter...

 

Et à chaque fois, il existe quelqu'un pour maintenir en vie la flamme du succès, et porter notre nation encore plus haut.

 

Bien entendu, la performance réalisée par Davidi Kitaï le week-end dernier à Berlin sera très difficile à améliorer. Cela signifierait tout simplement faire mieux que la meilleure performance belge de tous les temps...

 

Mais au fond... Pourquoi pas.

 

Notre pays possède de réels talents dans le domaine de notre passion, et si on exclut cette année le Danemark (pour qui le vent est également très favorable), notre pays n'a plus grand chose à envier aux autres pays européens.

 

Le dernier classement Live Poker en atteste. Ouvert depuis cette année aux belges et aux suisses, le classement français est actuellement soumis à une forme de révolution, puisque les premières places sont trustées par nos compatriotes.

 

Davidi en occupe légitimement la première place, après son succès de Berlin. Kevin Vandersmissen, vainqueur de l'Irish Open se classe troisième. Seul Bruno "Kool Chen" Lopes parvient à sauver l'honneur français sur le podium en s'intercalant à la seconde place.

 

Derrière, on trouve également Matthias De Meulder (7ème), Koen De Visscher (12ème), Pierre Neuville (17ème), Joris Springael (29ème), Filip Verboven (31ème), etc... Pour un classement qui compte à l'heure actuelle, plus de 1200 joueurs recensés, c'est plutôt pas mal.

 

Un autre classement, dont je ne vous avais plus parlé depuis une cinquantaine de jours, est celui du "Most Popular Player In The World". Suite à sa place de runner up de Copenhague, Pierre Neuville avait placé la barre très haute, en s'installant à la première place provisoire, avec près de 2000 clics sur son pseudo Hendon Mob en 7 jours.

 

Ce chiffre est à présent explosé par Davidi... Plus de 4000 clics lors des 7 derniers jours. Bien entendu, dans ce classement spécifique, en mode "All Time", le classement est toujours dominé par les ténors américains. Il faut remonter jusqu'à la 102ème place pour trouver le premier belge classé (sans surprise, Davidi avec 23.201 clics).

 

Et puisqu'on parle des chiffres explosés par Davidi, on peut également souligner sa progression de 391 places dans la All Time Money List (211ème avec 2.715.655$ de gains), sa 16ème place dans le même classement pour 2012 (Kevin est 29ème), son autre progression d'une cinquantaine de place au même classement All Time pour l'Europe (52ème). 

 

Depuis le début de l'année, les belges qui ont réalisé au moins un résultat sur Hendon mob sont au nombre de 258 (et certains en ont bien entendu réalisé plusieurs). Les joueurs belges ont amassé en 2012 sur les tapis verts (résultats répertoriés sur Hendon Mob), un total faramineux de 4.028.330$.

 

19 performances à plus de 25.000$ ont été réalisées. Mieux qu'un long discours, voici un aperçu de ces performances, et de leurs auteurs en image (en couleur, on note les victoires).

 

 

 

8 grandes victoires sur le circuit international en moins de 4 mois... Quand je dis que ma rétrospective annuelle de décembre sera plutôt une encyclopédie qu'une simple revue, je ne suis pas loin du compte.

 

114 jours de 2012 sont aujourd'hui écoulés. Cap sur les 252 prochains, avec qui sait... Un nouveau bracelet à Las Vegas?

 


13
MAR

Un jeton, un siège...

Les origines (par Julien Becquart)

Catégorie : Portraits de joueurs
Publié le : 13 mars 2012 - 13:39

Cet article n'est pas réellement de l'actualité immédiate, quoique... Combien d'entre nous utilisent couramment l'expression: "Un jeton, un siège", sans connaître réellement la provenance de celle-ci?

 

Une excellente occasion pour moi de vous dresser le portrait d'un joueur talentueux, disparu depuis presque 24 ans, mais qui a marqué indéniablement l'histoire de notre passion... J'ai nommé Jack Straus.

 

Né le 16 juin 1930, Jack Straus est principalement connu pour avoir remporté le Main Event des World Series Of Poker en 1982.

 

Le parcours du joueur américain, durant ce tournoi, fut pour le moins chaotique. Si bien qu'à un moment de celui-ci, il ne lui restait plus qu'un seul et unique jeton de 500 le premier jour, même pas suffisant pour couvrir une blind. Un exceptionnel come-back se mit alors en marche, et le vit remporter le tournoi devant des joueurs du calibre de Doyle Brunson, Sailor Roberts, ou Dewey Tomko.

 

La légende: "a chip and a chair" était née.

 

Malgré cette victoire de prestige (agrémentée d'une autre quelques années plus tôt dans un 2-7 single draw), Jack Straus était surtout et principalement un joueur de cash-game.

 

Originaire du Texas, à l'instar des Doyle Brunson, Amarillo Slim, ou autre Johnny Moss, ce géant des tapis verts, qui mesurait plus de deux mètres (ce qui lui valut le surnom de "Tree-Top", littéralement Haut de l'arbre), a abandonné rapidement sa carrière d'enseignant universitaire pour se mettre, en véritable "Rounders" des années cinquante,  à sillonner tout le pays à la recherche des parties de cash-game les plus juteuses.

 

Comme la plupart de ses congénères, le grand Jack était un adepte du Carpe Diem. Il adorait la vie, et prenait son pied à parier sur tout ce qui lui tombait sous la main. Il avait d'ailleurs un faible pour les paris sportifs. Un véritable aventurier qui ne se séparait jamais d'une patte coupée à un lion lors d'un safari en Afrique (il la portait autour du cou avec comme inscription: "Plutôt vivre un jour comme un lion qu'un siècle comme un agneau")

 

Au poker, son talent n'avait d'égal que sa créativité. Un véritable scandinave avant l'heure, adepte de la sur-relance automatique. Fin psychologue, il réalisa sans doute un des plus beaux bluffs de l'histoire du jeu, en manipulant très intelligemment son adversaire.

 

Ce coup mythique se déroule dans une partie de cash game. Nanti de la pire des mains 7s 2c il décide de relancer préflop. Se voyant sur-relancé par un joueur très serré, détenant vraisemblablement une grosse paire, il décida de compléter.

 

Le flop 7d 3d 3h Son adversaire, en checkant, lui donna l'occasion d'ouvrir les enchères pour définir la force de sa main. Ce qu'il fit pour se voir check-raiser. Il complète.

 

La turn est le 2s Nouveau check de son frileux adversaire et moment choisi par Strauss pour placer une énorme mise.

 

Son adversaire l'interroge alors et lui demande s'il possède deux as... Strauss lui répond que non, mais lui propose de découvrir une de ses deux cartes pour la modique somme de 100$. Son adversaire accepte, et la carte révélée se trouve être le 2c

 

Convaincu que Strauss possède en main une paire de 2 (et donc un full) son adversaire coucha sa paire de rois, et quitta la table en l'insultant.

 

Cette légende du jeu est rapportée dans le film "Stuey", et même s'il ne s'agit pas de Strauss, c'est bien de lui que s'inspire cette scène mythique.

 

 

Le grand fan d'Hemingway sera seulement vaincu par la mort une nuit d'août 1988, faisant une crise cardiaque, alors qu'il jouait au poker. Il avait juste 58 ans.

 

Quelques semaines plus tard, il sera admis, à titre posthume, dans le prestigieux Hall Of Fame du Binion's Horseshoe.

 



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