
6 mois de l'année 2012 sont désormais écoulés. Un bon moment pour aborder un nouveau bilan à mi-parcours.
Le précédent bilan, daté du 24 avril 2012, nous avait laissé une impression de vague ascendante et inédite de performances en tout genre, qui se succédaient les unes après les autres.
La valse des perfs étaient tellement régulière qu'on en venait à se demander quand elle s'arrêterait... Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, notre pays n'était pas vraiment habitué à voir se succéder les victoires sur le circuit international.
La dernière en date lors de mon précédant bilan, était celle de Davidi à l'EPT de Berlin et il n'a pas fallu attendre longtemps pour voir la neuvième victoire belge arriver, avec celle de Roland Van Morckhoven à Cannes fin avril. Quasiment au même moment, Matthias De Meulder réalisait lui aussi un nouvel ITM à plus de 25.000$ à Monte Carlo.
Puis vint le moment redouté... 40 jours complets de disette. Notre vague venait d'entrer dans une mauvaise phase lunaire. Pour la première fois depuis le début de l'année, un mois complet restait sans résultat significatif (+ de 25.000$). Mai 2012 allait-il sonner notre chant du cygne?
Que nenni... Ce recul, tel un cavalier sur un jeu d'échecs, n'était que pour mieux avancer dans le mois de juin.
Bien entendu, l'énorme performance financière de notre numéro 1 à Berlin n'a pas été battue, mais les victoires et résultats globaux sont tombés sereinement les uns après les autres.
Pas moins de 9 nouvelles places payées à plus de 25.000$, parmi lesquelles cinq premières marches de podium.
Yves Kupfermunz a mis le feu aux poudres en s'appropriant une première victoire dans un 235$ au Rio (pour 35.222$ de gains). Les poudres consumées ont vu une première explosion de baril avec la splendide victoire de Michael Gathy dans l'Event 21 des WSOP, qui remportait en même temps une des victoires les plus prestigieuses de l'année et de notre histoire (+440.829$).
La machine était relancée et histoire de bien entretenir la flamme du succès, le même Yves Kupfermunz en redonnait une salve en réalisant un doublé improbable dans le 235$ du Rio (+40.145$).
Après ce fût au tour de notre vétéran Pierre Neuville d'imposer sa loi dans un des plus jeunes et talentueux fields de Las Vegas, en remportant méritoirement dans un 2200$ bounty du Venetian (+79.080$).
3 nouvelles tables finales aux WSOP avec respectivement Michael Gathy, 5ème de l'Event 35 (+50.640$), Davidi Kitaï, également 5ème de l'Event 34 (+92.064$) et Philip Meulyzer, 4ème de l'Event 46 (+203.781$).
Kenny Hallaert y allait également de sa petite table finale au Venetian dans un 1600$ duquel il termina 3ème (+38.517$), alors qu'en Belgique, Mathieu Jamar s'adjugeait le PPD de Chaudfontaine (+54.086$).
30 performances à plus de 25.000$ ont été réalisées dont 14 victoires. Mieux qu'un long discours, voici un aperçu de ces performances, et de leurs auteurs en image (en couleur, on note les victoires).

Alors que l'année calendaire n'a pas encore atteint son premier tiers, notre pays de poker connait une explosion sans précédent sur le circuit international.
A chaque fois qu'un belge réalise une performance, on se dit le lendemain, que le bon run de notre pays va s'arrêter...
Et à chaque fois, il existe quelqu'un pour maintenir en vie la flamme du succès, et porter notre nation encore plus haut.
Bien entendu, la performance réalisée par Davidi Kitaï le week-end dernier à Berlin sera très difficile à améliorer. Cela signifierait tout simplement faire mieux que la meilleure performance belge de tous les temps...
Mais au fond... Pourquoi pas.
Notre pays possède de réels talents dans le domaine de notre passion, et si on exclut cette année le Danemark (pour qui le vent est également très favorable), notre pays n'a plus grand chose à envier aux autres pays européens.
Le dernier classement Live Poker en atteste. Ouvert depuis cette année aux belges et aux suisses, le classement français est actuellement soumis à une forme de révolution, puisque les premières places sont trustées par nos compatriotes.
Davidi en occupe légitimement la première place, après son succès de Berlin. Kevin Vandersmissen, vainqueur de l'Irish Open se classe troisième. Seul Bruno "Kool Chen" Lopes parvient à sauver l'honneur français sur le podium en s'intercalant à la seconde place.
Derrière, on trouve également Matthias De Meulder (7ème), Koen De Visscher (12ème), Pierre Neuville (17ème), Joris Springael (29ème), Filip Verboven (31ème), etc... Pour un classement qui compte à l'heure actuelle, plus de 1200 joueurs recensés, c'est plutôt pas mal.
Un autre classement, dont je ne vous avais plus parlé depuis une cinquantaine de jours, est celui du "Most Popular Player In The World". Suite à sa place de runner up de Copenhague, Pierre Neuville avait placé la barre très haute, en s'installant à la première place provisoire, avec près de 2000 clics sur son pseudo Hendon Mob en 7 jours.
Ce chiffre est à présent explosé par Davidi... Plus de 4000 clics lors des 7 derniers jours. Bien entendu, dans ce classement spécifique, en mode "All Time", le classement est toujours dominé par les ténors américains. Il faut remonter jusqu'à la 102ème place pour trouver le premier belge classé (sans surprise, Davidi avec 23.201 clics).
Et puisqu'on parle des chiffres explosés par Davidi, on peut également souligner sa progression de 391 places dans la All Time Money List (211ème avec 2.715.655$ de gains), sa 16ème place dans le même classement pour 2012 (Kevin est 29ème), son autre progression d'une cinquantaine de place au même classement All Time pour l'Europe (52ème).
Depuis le début de l'année, les belges qui ont réalisé au moins un résultat sur Hendon mob sont au nombre de 258 (et certains en ont bien entendu réalisé plusieurs). Les joueurs belges ont amassé en 2012 sur les tapis verts (résultats répertoriés sur Hendon Mob), un total faramineux de 4.028.330$.
19 performances à plus de 25.000$ ont été réalisées. Mieux qu'un long discours, voici un aperçu de ces performances, et de leurs auteurs en image (en couleur, on note les victoires).


8 grandes victoires sur le circuit international en moins de 4 mois... Quand je dis que ma rétrospective annuelle de décembre sera plutôt une encyclopédie qu'une simple revue, je ne suis pas loin du compte.
114 jours de 2012 sont aujourd'hui écoulés. Cap sur les 252 prochains, avec qui sait... Un nouveau bracelet à Las Vegas?
Comme toutes les spécialités, le poker a son jargon. Il y a bien sûr les termes - souvent anglais - utilisés par les joueurs pour parler de leurs jetons, leurs tirages, leur porte-monnaie, leurs mains de départ ou un tas d'autres choses et qui pourraient remplir un véritable "dictionnaire du poker" mais il y a aussi ces expressions, universelles ou locales, que l'on entend à chaque tournoi.
Je vous propose donc un petit lexique non exhaustif des expressions le plus souvent entendues à Namur ou ailleurs :
Nice Hand - (Jolie main)
Vous vous en doutez, il ne s'agit pas ici de complimenter la partie du corps qui prolonge le poignet d'une joueuse ou d'un joueur. Il ne s'agit pas non plus, généralement, de considérer que vos cartes privatives étaient esthétiques. Rien de tout cela : "nice hand" est en quelque sorte un compliment d'un de vos adversaire à la fin d'un coup que vous avez gagné.
Il n'existe cependant pas de "détecteur de sincérité" dans les casinos et, dès lors, on peut supposer que parfois, le compliment est ironique ou que votre adversaire estime que vous avez en fait très mal joué et souhaite que vous persévériez dans vos erreurs !
Ship it - expression que l'on pourrait traduire librement par "à moi les jetons !"
On entend souvent cette expression vociférée joyeusement par un joueur qui vient de gagner un gros pot. Comme le poker est un jeu à sommes nulles, il y a forcément quelque part à la table, un joueur moins joyeux qui fulmine silencieusement de voir tous ces jetons poussés vers un autre que lui. Une excellent expression pour faire tilter les grincheux !
Toutefois, une autre expression venue de France supplante largement le "ship it" : il s'agit du désormais célèbre "Tout pour Papa !" beaucoup plus "énervogène" auprès des suisses et des belges qui subissent l'expression à table ...
show one - show all (montrer à un, montrer à tous !)
Cette expression va inévitablement fuser si vous vous aventurez, après un coup, à montrer votre main à un voisin que vous estimez assez sympathique pour que lui seul sache ce que vous avez foldé. Les autres joueurs sont en effet en droit de voir votre main "muckée" si vous l'avez montrée à l'un d'entre eux.
Curieusement, même dans les parties de village où chaque compétiteur habite à moins d'un pâté de maison du lieu de tournoi, les joueurs s'escriment à baragouiner cette expression exclusivement en anglais !
Donk - Fish - ou plus localement "baraki de ducasse"
Expression inamicale destinée à signifier à un adversaire qu'il joue mal au poker ! Idéal pour se faire des amis autour de la table ou pour engendrer des conversations gestuelles rapprochées à l'extérieur de l'établissement !
Plus sérieusement, même si les joueurs de poker sont généralement des gens très civilisés, vous les entendrez souvent insulter un adversaire en utilisant ces mots. Parfois, c'est bon enfant, parfois c'est juste qu'ils ont un peu perdu leur sang-froid. Et même si ça ne met pas toujours une ambiance de franche camaraderie à la table, nous dirons que ça fait partie du folklore et que tout ça peut très bien se diluer autour d'un verre au bar, à la pause
One Time ! (Pour une fois !)
Là on entre dans les termes religieux ! Il s'agit en fait d'une prière au croupier afin qu'il sorte, au tournant ou à la rivière, l'une des rares cartes qui vous feraient emporter le pot. "One time" signifie ici "allez, je ne gagne jamais, sors moi ma carte pour une fois !".
Remarquez comme de nombreux joueurs utilisent cette prière plusieurs fois sur le même tournoi alors même qu'ils ont déjà été exaucés une demi-douzaine de fois dans la journée ... Cela tendrait à démontrer que la mémoire du joueur de poker est pour le moins sélective
C'était suited ! (mes cartes étaient assorties)
Expression très souvent entendue lorsqu'un adversaire à payé une énorme mise preflop avec une main plus que marginale pour finalement gagner le coup :
-"Comment ose-tu payer un 4bet avec 7-2 ???
- Ah oui c'était bien 7-2 mais c'était suited mon ami !"
Cette excuse fuse assez souvent car nombre de joueurs surestiment leurs chances de toucher une couleur avec deux cartes assorties (pour mémoire, l'espoir de toucher une couleur au flop est de moins de 1% !).
Toutefois, il arrive que des joueurs très larges utilisent cette expression assortie d'un sourire goguenard, juste pour énerver davantage leur malheureux adversaire !
Tu montres si je fold ?
Vous l'aurez aisément compris, il s'agit ici d'une sorte de négociation entre un joueur qui hésite à payer la mise d'un adversaire. Parfois, il est réellement frustré de perdre l'occasion de voir la main adverse mais le plus souvent, il cherche simplement des indices lui permettant de savoir si l'adversaire a "envie" de le voir folder !
Généralement les bon joueurs ne répondent pas à cette question mais comme il peut sembler discourtois de ne pas répondre à une question, nombreux sont ceux qui se sentent obligés de répondre : "ok mais c'est bien parce que c'est toi !" ou bien encore "Il faut payer pour voir cher ami(e)".
J'avais la cote !
Les joueurs de poker ont parfois besoin de se justifier et cette excuse-ci est l'une des plus usitées. Elle signifie que le prix demandé pour suivre la mise du ou des adversaires était inférieur aux probabilités de gagner le coup.
Souvent, c'est relativement inexact et si vous le faites comprendre au joueur fautif il répondra inévitablement "oui mais je croyais que j'avais la cote !".
Aces never win ! (les as ne gagnent jamais)
Au poker il y a des gens pessimistes qui croient que la meilleure main de départ (les as !) ne gagne jamais quand EUX ont eu la (mal)chance de la recevoir.
Cette croyance est très répandue. Sans doute est-ce lié à la mémoire sélective dont nous parlions plus haut ou du moins au traumatisme subi lorsqu'on perd avec la meilleure main plusieurs fois de suite. Peut-être est-ce aussi une manière de conjurer le sort (lorsque le joueur pose l'affirmation AVANT que le croupier ne dévoile le tableau) ou de pouvoir dire en cas de défaite : "tu vois je te l'avais dit !" ce qui fera tout de même une petite consolation ... Evidemment, si on gagne logiquement le coup, on dira juste "ah tiens non, cette fois ça tient" tout en arborant un sourire de premier de classe.
Le débat fait rage sur des forums et dans les magazines. La répartition des gains lors des tournois de poker est-elle encore en adéquation avec le jeu tel qu'il est pratiqué aujourd'hui ?
Les partisans du changement avancent des arguments qui ne manquent pas de sens. Ainsi, Roger Hairebedian rappelle que 30% des joueurs sont payés dans les tournois sit'n go online. "Payer un joueur sur dix ne suffit plus" dit-il avant d'ajouter "Commençons par 20% d'ITM pour progressivement aller à 30% avec les derniers 10% remboursés".
D'autres, tels Philippe Ktorza militent aussi pour un changement : "Les structures de paiement ne récompensent pas les joueurs à leur juste valeur. Il est anormal qu'un pro qui termine 20e la plupart de ses tournois perde de l'argent sur le circuit" dit-il avant de proposer une structure fort différente de celle préconisée par Big Roger : il propose en effet de moins rémunérer les trois premiers pour offrir aux itm un minimum de deux fois leur buy in.
D'autres tels le célèbre blogger Xewod sont tout simplement hostiles à ces propositions : "Je ne vois pas l'intérêt de payer un maximum de monde, ça va casser la dynamique d'un tournoi et rendre les débuts de tournois bien moins intéressants si on paie 30% des entrants"
D'autres encore s'insurgent contre l'idée de raboter les gains des premières places, arguant que le poker est fait pour les vainqueurs et que le rêve de victoire passe forcément par des premiers prix alléchants.
Sans vouloir prendre parti, force est de reconnaître que les joueurs eux-mêmes n'hésitent pas à "retoucher" la structure des gains en multipliant les deals en fin de partie. Est-ce que pour autant le modèle actuel aurait vécu ?
Rien n'est moins sûr ...
Elargir la plage de gains et lisser davantage les prix pourrait favoriser la compétence et permettre aux bons joueurs de gagner davantage avec une quinzaine d'itm dans l'année qu'avec une seule victoire significative. Mais elle pourrait aussi enlever leur spécificité aux tournois prestigieux en leur donnant le goût et la couleur de sit'n go de masse où les stratégies EV toutes faites pourraient sérieusement appauvrir le spectacle aux tables.
Certains s'inquiètent aussi, à raison, de la tendance actuelle visant à favoriser le compétence. En empêchant les poissons de rêver, ne risque-ton pas de vider l'aquarium et en conséquence, de limiter les gains/revenus des bons joueurs ?
Evidemment, la solution de bon sens serait sans doute de proposer ces tournois "deep itm" EN PLUS des tournois traditionnels. Les joueurs pourraient alors sanctionner tel type de structure au bénéfice de tel autre en s'inscrivant aux tournois qui leur semblent les plus attractifs ?
Ce débat a au moins le mérite de rappeler que le poker est bien vivant et en mutation constante et qu'il demande régulièrement une adaptation de l'offre existante.
Et ça c'est plutôt rassurant !
sources : Magazine Live Poker - Club Poker
La littérature française sur le Omaha est pauvre, un chapitre de ci, de là. Le manque est comblé avec la parution aux Editions Fantaisium de « Poker Omaha » de Sam Farha et Storms Reback.
L'Omaha est une forme de poker dans laquelle le joueur reçoit quatre cartes privatives. Les règles et tours d'enchères sont les mêmes qu'au Hold'em si ce n'est que chaque joueur encore en jeu doit constituer la meilleure combinaison de 5 cartes, en utilisant exactement 2 cartes de sa main et exactement 3 cartes du tableau.
D'autres déclinaison du jeu existent telles que le Omaha High-Low qui consiste à créer la combinaison la plus haute mais aussi la plus faible sous certaines conditions.
L'Omaha n'a jamais atteint l'essor que les spécialistes lui prédisaient. Certes, le jeu est plus passionnant intellectuellement avec quatre cartes en mains qui offrent six combinaisons possibles de deux cartes à marier avec les cinq du tableau. Mais il n'est pas simple de trouver des partenaires de jeu et l'offre en casino reste limitée. De plus, la dynamique du jeu est souvent cassée par le travail ardu du dealer et le parfois complexe partage des pots. Ces freins n'existent pas pour l'offre en ligne.

L'auteur principal du livre est Sam Farha qui est LE spécialiste en la matière. Détenteur de trois titres de champion du monde en Omaha, Farha tient à nous enseigner sa manière de jouer au Omaha qui n'est pas nécessairement la bonne manière selon ses dires. Au vu de ses résultats, c'est certainement la meilleure qui rapporte le plus d'argent.
Le livre de 250 pages s'intéresse aux trois formes les plus jouées du Omaha : le high en limites fixes, le high-low en limites fixes et le high en pot-limit.
Dans sa conclusion, Farha écrit : « Je ne peux pas vous promettre que la lecture de ce livre vous fera passer de joueur d'Omaha débutant sur la table de la cuisine à joueur d'Omaha professionnel dans les grosses parties. Mais je peux vous assurer qu'il vous fera faire un bond dans la bonne direction ».
ISBN : 978-2-917425-24-4
Prix public : 25 euros.