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NOV

Le staking

Mode d'emploi (par Julien Becquart)

Catégorie : Articles de stratégie
Publié le : 27 novembre 2010 - 18:10

Voilà, j'ai mis de côté un petit peu les maths, pour cause d'une actualité assez chargée, mais nous y reviendrons bientôt.

 

 

 

Aujourd'hui, je voudrais aborder avec vous un tout nouvel article, lequel se marie aisément avec l'actualité du poker.

 

 

 

Le rêve de devenir joueur professionnel est passé au moins une fois dans chacune de nos têtes.

 


Vivre de sa passion. Quel bonheur…

 

Pour y arriver, à moins d'être extrêmement doué, ou de réussir un gros coup dès le départ, pour se monter une bankroll suffisante, c'est très compliqué.

 

En effet, la plupart des joueurs qui écument le circuit professionnel sont des joueurs sponsorisés.

 

Et pour trouver un sponsor, il faut réunir beaucoup de qualités. Et ça ce n'est pas gagné. Il y a beaucoup de candidats et très peu d'élus.

 

En Belgique, seulement 5 joueurs sont ou ont été à ma connaissance des joueurs sponsorisés réguliers (Davidi Kitaï, Jamel Maistriaux, Matthias et Christophe De Meulder, et Pierre Neuville).
 

D'autres ont de temps en temps reçu des sponsors épisodiques de petites rooms, mais c'était soit sans suite, soit pas assez conséquent que pour leur permettre de voyager sur le circuit.
 

5 élus sur 10 millions d'habitants, c'est loin d'être gagné pour notre petit pays.

 

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Il existe néanmoins une alternative sympa qui permet de réduire assez bien les coûts générés par les dépenses occasionnées par la participation à de nombreux tournois.

 

Parce que participer n'est pas suffisant pour gagner. On peut voir des joueurs rester un an sans parvenir à passer le day 1 d'un tournoi.

 

Et cumuler seul les pertes, c'est dur.
 

 

Aussi s'est développé ces dernières années un phénomène pourtant très ancien, le staking.

 

 

 

Qu'est ce que le staking ?
 

De manière générale, on pourrait définir le staking comme étant le partage financier d'un ou plusieurs tournois, tant du point de vue des coûts engendrés que du profit généré.


Ainsi, dans le staking, il existe « les joueurs stakés » et « les investisseurs (ou stakeurs) ».
 

Le staké, a pour objectif principal de réduire ses coûts de jeu. Il établit en général une proposition de vente d'une partie ou de l'intégralité de ses tournois, en proposant en retour un pourcentage des gains éventuels générés par sa participation à ceux-ci.


Le stakeur a pour objectif de réaliser une plus-value financière sur son investissement. Agissant dans un principe de bourse, en achetant des parts de tournois à un ou plusieurs joueurs, il espère que ces joueurs gagneront suffisamment pour lui assurer un retour sur investissement positif.

 

 

Mise en vente :

 

Par opposition à un joueur qui assume à lui tout seul tous les coûts d'un tournoi, nous avons de l'autre côté le joueur qui n'en assume aucun (le joueur sponsorisé).


Dans le cas d'un staking, les investisseurs apprécient qu'un joueur participe au moins à un quart des coûts en personne propre. Ce qui leur garantit une plus grande implication. On dira alors que le joueur est staké à 75%. Maintenant, ce n'est pas une règle établie. Un joueur peut très bien vendre l'intégralité d'un ou plusieurs tournois. On dira alors qu'il est staké à 100%. Ou vendre seulement une petite partie comme un quart des coûts. On dira pour ce dernier qu'il est staké à 25%.


Dans la pratique, le staké découpera la partie de son buy-in qu'il souhaite vendre, en "parts" égales pour lesquelles il mettra un tarif de vente individuel.

 

Ex: Je fais un tournoi à 1000$, je décide de vendre 50% de mon buy-in, soit 500$.


Je décide de diviser les 1000$ en 100 parts égales à 10$. Comme je souhaite n'en vendre que la moitié, j'annoncerai en prendre 50 à mon compte.


Dans le cas d'un staking d'indice de vente 1 (j'en reparlerai plus bas), chaque part achetée rapportera 1% de mes gains à son acquéreur.

 

 

L'indice de vente

 

Avant d'aller plus loin, je voudrais vous parler d'une composante essentielle du staking.
 

Il s'agit de l'indice de vente.
 

Cet indice se calcul en divisant le pourcentage vendu sur le pourcentage de gain rendu.


-Dans notre exemple ci-dessus, chaque part représente 1% du buy-in global. Si le staké rend à son acquéreur 1% de son gain brut, on parlera d'un indice de vente = 1
 

1/1 = 1
 

-Si les parts avaient été de 20$, elles représentaient 2% du buy-in global. Et si le staké rend à son acquéreur 1% de son gain brut, on parlera d'un indice de vente = 2
 

2/1 =2


-Si les parts étaient restées à 10$ (1%), mais que le staké ne rende que 0,8% de son gain brut, on parlera d'un indice de vente = 1,25

 

1/0,8 = 1,25

 

 

3 manières de travailler


Dans un staking, il est conventionnel que celui qui joue effectue un petit bénéfice sur l'opération, dans le sens où c'est lui qui passera des heures à essayer de gagner de l'argent. C'est lui en somme qui fera la plus grosse partie du travail, et celle-ci méritera un petit salaire. Attention, ce n'est pas forcément le cas. Nous allons donc voir de plus près, les 3 manières d'aborder la mise en vente.

 


a) Le staking sans bénéfice (sans salaire de jeu)
 

Il s'agit ici d'un staking d'indice de vente 1. La personne reçoit un pourcentage et rend le même pourcentage.
 

 

b) Le staking en bénéfice direct.
 

Ici, le bénéfice se fait sur la vente des actions.
 

Dans notre exemple de départ, le staké peut décider de vendre ses parts à un montant de 12$ (ou un autre montant au choix) au lieu de 10$. Comme il en vend 50, il effectuera sur la vente un bénéfice à la source de 100$ (50X2).


Cette manière de fonctionner est propre aux joueurs qui n'ont vraiment pas beaucoup de moyens et qui veulent limiter au maximum leurs dépenses.


Si ils gagnent un gros prix, ils devront remettre plus d'argent.
 

 

c) Le staking en bénéfice sur les gains.


Dans ce dernier cas, le bénéfice se fait sur le gain éventuel.
 

Dans notre exemple de départ, le staké peut décider de vendre ses parts à un montant toujours de 10$, mais de ne distribuer que 0,8% de ses gains (ou un autre pourcentage au choix).
 

Il prend ainsi son bénéfice sur les gains qu'il génèrera et donc fera un plus gros bénéfice en cas de gros gain.


C'est généralement cette troisième méthode qui est la plus appréciée par les stakeurs. En effet, les parts coûtent un peu moins cher, et le joueur qui fait cela est généralement confiant sur ses résultats potentiels, puisque sans résultat, il ne tirera aucun bénéfice de l'opération.

 

 

 

Oui, d'accord, mais qui, quoi, combien ???
 

Effectivement, si les grandes lignes sont tracées, il reste une part assez subjective dans le staking.
 

Et cette inconnue intervient tant du côté du staké que du stakeur.
 

Du côté du staké, il va s'agir de ne pas proposer n'importe quoi. En effet, un indice de vente trop élevé ne sera pas intéressant pour les investisseurs éventuels, et un indice trop bas pourrait se révéler une grave erreur.


Du côté du stakeur, comment voir si un staking est intéressant ou non.
 

De manière générale, il faut toujours se référer à l'indice de vente.
 

Plus le joueur sera bon, plus l'indice de vente pourra être élevé. Moins le joueur sera bon, moins l'indice de vente pour être élevé.

 


Pour vous donner quelques références :


Les meilleurs joueurs professionnels qui mettent en vente des parts dans un tournoi proposent généralement un indice compris entre 1,4 et 1,6.
 

Un bon joueur de chez nous pourra proposer un indice compris entre 1,2 et 1,4.
 

Un joueur plutôt novice dans le staking pourra proposer un indice compris entre 1 et 1,2.


Attention : ne jamais proposer un staking dont l'indice de vente est inférieur à 1. Cela signifierait en cas de gain éventuel, une perte d'argent pure et simple.


Les indices demandés peuvent variés en fonction des résultats réalisés. Ainsi un débutant dans le staking qui aura proposé un staking d'indice 1,1, et qui aura rapporté de l'argent à ses investisseurs pourra élever ses tarifs, en proposant un staking d'indice 1,12 la fois suivante, et ainsi de suite.

 

 

Terminons par 2 exemples :

 

1) Exemple A
 

Je suis un joueur moyen, et je souhaite me faire staker pour le prochain championnat de Belgique.
 

Le buy-in du championnat de Belgique est de 1700€.
 

Je souhaite prendre 50% du buy-in à mon compte. En l'occurrence 850€.
 

Ne roulant pas sur l'or, je souhaite prendre un petit bénéfice à la vente.
 

Je divise donc le buy-in en 100 parts égales de 17€. 50 me sont réservées d'office.


Les 50 autres, je décide de les vendre à 20€. Ainsi faisant, je réalise à la vente un bénéfice de 150€ (50X3€).
 

20€ = 1,176471% de 1700€ et vaut 1% de mes gains.
 

1,176471/1 = 1,176471 = mon indice de vente. On se trouve entre 1 et 1,2. Le staking est donc correct.

 

2) Exemple B


Je suis un assez bon joueur, reconnu par les gens comme faisant souvent des résultats cohérents.
 

Je n'ai pas besoin de faire de bénéfice à la vente, parce que j'ai foi en mes capacités.
 

D'ailleurs, je ne compte vendre que 20% de mon tournoi.
 

Je vais faire aussi le championnat de Belgique, mais ne veut pas vendre plus de 10 parts.
 

Ok, le buy-in est à 1700€. Je vais le diviser en 50 parties de 34€, et vais en assumer 40.
 

Les 10 autres qui représentent chacune 2% du buy-in, je les vends à leur valeur de base, et donc à 34€.
 

Je souhaite avoir un indice de vente de 1,32 que j'estime correct et à la hauteur de mon niveau et de tout ce que j'ai pu rapporter aux gens.


Combien dois- je leur rendre en pourcentage de gain dès lors ?
 

Il s'agit ici d'une simple règle de 3.
 

2/x = 1.32 donc x= 2/1,32 = 1,51


Pour un part à 34€, je rendrai 1,51% de mon gain final. Comme je n'en vends que 10, je garderai pour moi 84,9% de mes gains et en rendrai 15,1% à mes stakeurs.

 

 

Voilà que se termine mon premier article sur le staking. J'espère qu'il vous a plu, et qu'il n'a pas été trop indigeste pour vous.


Dans un prochain article, j'aborderai d'autres aspects financiers du poker, comme le swap.


 



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